Les fontaines et le lavoir


Au Fil de l'Eau :
Fontaines et Lavoir de La Garde-Freinet


Bienvenue à la découverte du patrimoine bleu de notre commune. Plus que de simples monuments, les fontaines et le lavoir de La Garde-Freinet racontent l'histoire de la vie quotidienne, du travail des bouchonniers et des foires ancestrales. Depuis la Fontaine Vieille, témoin médiéval de l'extension du village, jusqu'aux aménagements plus récents du XXe siècle, ce parcours vous invite à explorer l'importance vitale de l'eau à travers les âges

La fontaine des Aires – 1854 


2 ans après la construction d’un mur de soutènement maçonné sur la place des Aires d’une longueur de 29 m et 2,70 de hauteur, surmonté d’un parapet, la commune décide en 1854 d’établir une fontaine sur la nouvelle place ainsi créée.  


Le cahier des charges d’adjudication des travaux nous éclaire sur les motifs de ce projet, à savoir « la nécessité d’avoir de l’eau dans le quartier des Aires est d’autant plus grande que là, se trouvent établies plusieurs fabriques de bouchons et que, toutes les années, pour la saint Jean, il s’y tient une foire de bestiaux ».


Il était alors prévu de bâtir la fontaine sur le même modèle que celle de l’esplanade (aujourd’hui disparue), en pierre calcaire, comportant autour d’un fût central un abreuvoir d’un côté et une vasque de l’autre.

Or, la fontaine que l’on peut admirer aujourd’hui est d’un aspect totalement différent : elle est composée d’une vasque circulaire en 2 parties, autour d’un fût central. La pierre rouge employée semble être de la rhyolite (du massif de l’Estérel).

La fontaine a-t-elle été entièrement refaite ou le projet initial a-t-il été modifié ? Nous l’ignorons.


En 1895, la grande consommation d’eau que font les fabriques de bouchons, en particulier pour les chaudrons à bouillir le liège, entraine la construction dans ce quartier d’un réservoir de 4 à 5 m3, alimenté par la surverse de la fontaine. Les travaux sont réalisés immédiatement (non localisé).


 La source qui alimente la fontaine aujourd’hui est située à quelques centaines de mètres à l’ouest. Elle est captée au fond d’une galerie d’environ 30 mètres, taillée dans la roche, dont le sol est formé par un radier qui draine les eaux d’infiltration.

Source des Aires

Vue depuis le fond de la galerie. On voit bien la servi délimitée par un ouvrage maçonné en brique, ainsi que le petit canal installé au centre de la galerie

Le lavoir des Aires – 1938


L’aménagement du lavoir-abreuvoir, situé dans le mur de soutènement de la place des Aires, a été réalisé lors du grand chantier de captage des sources de Refren, achevé en septembre 1938. Il nous manque tout le descriptif, excepté le dessin des ouvrages d’art inclus dans le projet de 1936.

Dessin de détail des ouvrages d’art du lavoir (29/06/1936 projet d’adduction d’eau potable, 2 Op 63/5, AD Var).

La fontaine Place Vieille 1841 – 1842


Une première fontaine a été bâtie en 1841, sur le « boulevard du Noyer » (actuelle rue Saint-Jacques).


En 1842, le propriétaire de la maison contre laquelle la fontaine est adossée (à l’extrémité ouest de l’actuelle rue Saint-Jacques) se plaint d’infiltrations, causant des préjudices matériels et sanitaires. La commune entend ses suppliques et accepte de déplacer la fontaine au centre de la place.


La source de la fontaine n’est pas bien identifiée à ce jour. Elle semble prélever une partie de l’eau qui alimente la fontaine Vieille.

La fontaine Vieille 1812


Jusqu’en 1833, date de la création de la fontaine installée sur la place Neuve, la fontaine Vieille était la seule fontaine du village.

Son origine est plus ancienne que sa première mention écrite, en 1549, et peut vraisemblablement remonter au déperchement de l’habitat médiéval du Fort-Freinet, que l’on situe dans la deuxième moitié du XIVe siècle.

La fontaine était alors composée de 2 bassins : l’un pour les hommes, l’autre pour les bêtes. Les deux termes – « la font » et « l’abeurador », renvoient à deux fonctions différentes, mais tout aussi importantes. En effet, il faut imaginer le bourg villageois peuplé de toutes sortes d’animaux domestiques, pour aider au transport ou au travail des champs, les ânes, mulets, chevaux et autres bœufs ; les animaux de la ferme, volailles, cochons, etc.

 

 

Détournement d’eau


Pour l’anecdote, lors des travaux, il est constaté qu’une partie de la surverse de la fontaine, devant normalement alimenter les lavoirs publics situés en contre-bas, a été détournée dans une canalisation de briques jusqu’à la tannerie de Jacques Guillabert, ancien maire de la Garde-Freinet.

L’affaire fait grand bruit, quand le maire Amic fait tout remettre en état12 et que le maître tanneur, offensé, ne veut pas se résoudre à céder. Ce dernier signifie alors un exploit13 à la commune pour qu’elle fasse réinstaller la prise d’eau, rappelant une possession trentenaire de l’eau détournée et l’accord de la communauté en date d’une délibération du 26 décembre 1785.

Le maire Amic, fait vérifier l’ensemble des allégations, remontant même au cadastre de 1715 pour rechercher le propriétaire de la tannerie. C’est finalement le préfet qui arbitre le désaccord en donnant raison au maire par un courrier du 17 octobre 1814, affiché dans les rues du village, afin de faire taire toute polémique.

Ancienne carte postale de la fontaine Vieille où l’on voit les murs latéraux enduits grossièrement à la chaux

Ancienne carte postale de la fontaine Vieille où l’on voit les murs latéraux enduits grossièrement à la chaux

Les Fontaines et le lavoir ont fut l'objet d'une restauration en 2024